Depuis l’annonce du rachat de LucasFilm par Disney en 2012, on ne parle plus que de ça. La promotion du film a débuté avant même son tournage aux Pinewood Studios près de Londres au printemps 2014. On l’a vu venir de loin, de très loin cet épisode VII. Trois ans de battage médiatique et de marketing acharné avant de lâcher la bête en décembre 2015. Comment être à la hauteur d’une telle attente ?

Les trois films sortis au début des années 2000 ont essuyé les plâtres. Lynchée par la critique et désavouée par les fanatiques, la trilogie préquelle – pourtant écrite et réalisée par George Lucas – en avait déçu plus d’un et mis un couvercle sur la légende. Dix ans plus tard, JJ Abrams (créateur de la série Lost) se voit confier la mission quasi-religieuse de redonner vie à nos étoiles préférées. Même pas peur, le réalisateur s’empare du projet avec le sourire et s’entoure de ceux qui ont façonné le mythe, à commencer par George Lucas et le scénariste Lawrence Kasdan, John Williams, 83 ans, étant bien entendu de la partie. Abrams opère un retour aux sources nécessaire, conscient du lourd héritage reposant sur ses épaules. L’orchestre symphonique, les antiques volets (effet de transition entre les scènes) caractéristiques de l’oeuvre originale, les sons futuristes, les grosses bêbêtes gluantes et voraces, les personnages à trois yeux. Là où Abrams s’était laissé aller à une débauche d’effets spéciaux indigeste pour Star Trek, le septième opus de Star Wars a été en partie tourné dans des décors naturels somptueux, à l’instar des trois premiers films. Des choix authentiques qui payent et séduisent à coup sûr les puristes.

© Star Wars : The Force Awakens

© Star Wars : The Force Awakens

Fidèle aux origines dans ses choix techniques et esthétiques, JJ Abrams a également souhaité faire appel à de nouvelles têtes, des comédiens pour la plupart totalement inconnus du grand public, comme l’avait fait Lucas avant lui. De nouvelles têtes qui n’ont pas encore le melon et font respirer cette fresque hollywoodienne fracassante. John Boyega et Daisy Ridley sont deux jeunes comédiens de 23 ans dénichés à Londres par la production. Lui avait tourné Attack the block, elle, n’avait tourné aucun long-métrage avant de se voir proposer une audition pour ce qui s’annonce aujourd’hui comme le plus gros succès du box-office de l’histoire du cinéma. Oscar Isaac, 36 ans, a quant à lui tourné avec de grands cinéastes tels que les frères Coen, Zack Snyder ou Nicolas Winding Refn, sans jamais être propulsé sur le devant de la scène. Enfin, les studios ont choisi Adam Driver, nouvelle figure du cinéma d’auteur américain (Hungry Hearts, While we’re young), pour incarner le tout nouveau méchant au sabre rouge. Avec sa carrure impressionnante et sa voix caverneuse, le jeune américain signe une composition impressionnante de justesse dans un monde de brutes, pourtant masqué sur une bonne partie du film.

Il y a quelque chose de touchant dans ce nouveau Star Wars, quelque chose de frais, de trébuchant, une humanité et une humilité flottantes au milieu des droïdes, des sabres lasers et des vaisseaux spaciaux. Le Réveil de la Force est une réussite réjouissante, digne héritière d’un univers mythique. On ne peut qu’espérer que les suites prévues pour 2017 et 2015 conserveront cette subtilité, cette fois sans JJ Abrams aux commandes.

STAR WARS, épisode VII : LE REVEIL DE LA FORCE de JJ Abrams
Scénario JJ Abrams, Lawrence Kasdan, Michael Arndt
Avec Daisy Ridley, John Boyega, Adam Driver, Oscar Isaac, Harrison Ford, Carrie Fisher…
Sortie le 16 décembre 2015