C’est vrai, on n’est pas vraiment dans la saison de la fondue. Mais ici on s’adresse aux inconditionnels du fromage, aux amoureux du lactose, ceux qui n’ont peur de rien. Moitié expérience culinaire moitié épreuve de survie, nous avons mangé une fondue à Paris en mai.

Pour bien faire, on a choisi un resto dans lequel on ne pouvait pas avoir de mauvaise surprise. “Pain, vin, fromages”, ça semble clair net et précis : le triangle d’or de la gastronomie française. Sérieusement, qui a besoin d’autre chose pour être heureux ?

On a donc réservé dans ce petit restaurant niché juste derrière le centre Pompidou, car c’est quasi impossible d’avoir une table en passant à l’improviste. La salle ne paye pas de mine, assez petite et sommairement décorée. Les tables sont petites et très proches les unes des autres. Pas mal de bois, une énorme cloche de vache laitière accrochée au mur, un ancien ventilateur au plafond : on est loin d’une ambiance sophistiquée mais tout est dans son jus. Pour le coup, on pourrait se croire à la montagne si on ne regardait pas par la fenêtre.

La fondue méridionale © La Jaseuse

La fondue méridionale © La Jaseuse

Sur la carte, raclettes, tartiflettes et autres tartines de fromage grillé se côtoient : le restaurant ne se cantonne pas aux fondues. Mais nous, c’est justement ce qui nous intéresse, on va pas faire les petits joueurs. On va même faire les fous malades : au lieu de prendre une fondue savoyarde traditionnelle, on prend une fondue “méridionale”. Tout pareil que la savoyarde, avec de la tomate et des herbes de provence dedans.

Le restaurant propose toutes sortes de fondues déclinées à partir de la recette initiale, une idée plutôt originale. Le tout est apporté dans un petit réchaud presque individuel (donc pour deux). A noter qu’il est impossible ici de se faire un petit plaisir solitaire car le menu ne propose tout simplement pas de fondue pour une personne. Les fondues sont servies avec des morceaux de pain à volonté, nature, seigle et pavot, détail appréciable. En revanche, et c’est bien le seul cas où il est possible de dire ça, le pain est un peu trop frais pour ce genre de plat.

Le pain, chez Pain, vin, fromages © La Jaseuse

Le pain, chez Pain, vin, fromages © La Jaseuse

Ce mélange de la Savoie et du Sud est assez délicieux, il faut le dire. Après trois quarts d’heure de dur labeur, nous terminons enfin le fromage. La salle est pleine à craquer, trop pleine d’ailleurs pour espérer être tranquille. Et là, sans pression aucune, le serveur nous propose un dessert. Serveur quelque peu lunatique au demeurant, ce qui est moyennement agréable. Du coup on se dit que le mec est fou, qu’il veut nous bouffer pour Noël. Et puis quand il annonce que la spécialité de la maison est le cheesecake, c’est là qu’on se dit qu’on n’a qu’une vie et qu’il ne faut pas mourir bête : ai-je atteint mon point de non-retour digestif ? Mon estomac va-t-il m’attaquer en justice si je rajoute du fromage sur tout ce fromage ? On prend le risque.

Eh bien on n’aurait pas du : déception absolue. Le cheesecake est beau, avec un coulis qui va bien, mais il a un goût, comment dire … sucré-salé. Très bizarre, assez lourd et pas très plaisant en fait. La seule chose qui nous empêche de crier au scandale et de partir, c’est peut-être qu’on est incapable de se lever de notre chaise pour les 30 prochaines minutes.

PAIN, VIN, FROMAGES
3 rue Geoffroy l’Angevin,  M° Rambuteau (4e)
http://painvinfromages.com

Prix : fondues entre 15,50 euros et 16 euros ; Dessert entre 4,50 euros et 7,50 euros.

Wifi : non
Commodités : rustiques !