Parce que quand y’en a plus y’en a encore, on a décidé de tester quelques bars à eaux. Au cas où vous n’en auriez pas eu assez avec la météo. C’est vrai, un bar à eaux c’est un concept étrange. Mais c’est pas parce qu’on vit au pays de l’Evian qu’il faut mépriser les concurrents. En tous cas, la curiosité et l’envie de découvrir quelque chose de sympa nous ont poussés dans le sous-sol le plus hipster de Paris.

Chez Colette, il y a le magasin qui vend de tout et n’importe quoi (mais surtout du n’importe quoi très cher), et il y a le sous-sol, transformé en bar. On peut y boire des cafés, grignoter des trucs et boire des cocktails, mais ils ont aussi une carte entièrement dédiée aux eaux. Grosse ambiance lounge au niveau -1 : comptoir de bar illuminé, préparation d’un concert pour la soirée, clients impeccablement fringués. Le tout dans une grande pièce bicolore blanche et bleue, avec des pubs Coca-Cola floquées sur tous les murs, mais assez jolies pour qu’on croie que c’est de la déco.

Une fois assis, un serveur prend bien malaimablement notre commande. Accrochez vos porte-monnaies, vous avez intérêt à avoir soif. Les prix varient entre 3 et 11 euros. Certes, à ce prix-là, on sert la bouteille entière (33 cl, 50 cl ou 75 cl), mais une bouteille de 50 cl d’Evian à 5,80 euros, ça fait mal. Car oui, la carte propose aussi des eaux que l’on retrouve en supermarché, comme la San Pellegrino, la Wattwiller ou la Thonon, beaucoup plus chères du coup. M’enfin, comme on est deux et qu’on est des aventuriers, on opte pour une eau plate, qui vient de Norvège, et une pétillante, qui vient d’Argentine.

Voss, l'eau norévégienne, et Gota, l'argentine © La Jaseuse

Voss, l’eau norévégienne, et Gota, l’argentine © La Jaseuse

N’y allons pas par quatre chemins, l’eau plate, eh bien, elle a le goût d’eau plate, ni plus ni moins. Quant à l’eau pétillante, elle était carrément dégueulasse. L’impression de boire de l’eau goût robinet puissance 1000. Infâme. Mais pourquoi pas, ça fait partie de l’expérience après tout ; toutes les eaux ne se valent pas, on aura au moins appris ça. Très rapidement, on se met à se délecter de son verre d’eau, à le boire par petites gorgées comme on le ferait pour du vin. On a l’air un peu débile et c’est plutôt rigolo à faire, une fois de temps en temps.



Nous quand on boit l’eau qui vient d’Argentine.

 
Après s’être fait plus ou moins chassés du sous-sol car «il va y avoir du monde pour le concert dans pas longtemps» (grande classe), on se dit qu’on ne va quand même pas boire un demi litre d’eau en vingt minutes. Non, même si elle vient de Norvège. On n’a qu’à emporter nos bouteilles ! Et là, ça se transforme carrément en farce. Notre serveur de génie qui a jeté les bouchons de nos bouteilles depuis bien longtemps. Sympa. Et le pire c’est qu’en demandant à repartir avec, le type nous regarde avec des yeux ahuris (et un peu de mépris) en se demandant comment on va bien pouvoir faire. Eh bien on va les prendre à la main, sans bouchons, jusqu’à chez nous, sous la pluie, dans la rue, dans le métro. En fait à ce moment-là, on se dit que ça n’est plus rigolo du tout.

C’est-à-dire que non seulement on n’a pas le choix et on doit pratiquement s’enfiler 50 centilitres (voire 75) en l’espace de quelques minutes, mais en plus on se fait regarder de travers si on veut emporter notre commande à la maison. Pourquoi ne pas laisser ces putains de bouchons sur la table ? C’est dommage Colette, l’idée est plutôt sympa, c’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de boire des eaux du monde entier. Mais il faut arrêter de prendre les gens pour des cons.

COLETTE
213, rue Saint-Honoré, M° Tuileries (1e)
www.colette.fr