Sylvie est entraineuse de l’équipe féminine de handball à Aubervilliers. Avec son joyeux franc parler, elle nous propose de se raconter à travers les hasards merveilleux qui ont changé sa vie, la vie et le monde. Elle avertit le public qu’il y aura des anecdotes incroyables et que tout est vrai. Elle demande si nous la croyons ; dès le départ, nous en avons envie.

Sylvie est née à Constantine dans le nord de l’Algérie. Juive française, dans un pays qui ne veut plus d’elle, elle doit quitter sa terre natale avec sa famille en 1962 alors qu’elle est encore une enfant. Seule sa tante Vivianne a décidé de rester, bravant tous les interdits familiaux et religieux par amour pour un algérien. 40 ans plus tard, par un hasard merveilleux, Sylvie revient à Constantine pour un match de l’amitié auquel participe l’équipe de handball qu’elle entraîne. Elle y retrouve l’héroïne de son enfance : « Tata Viviane » ; cette femme dont il ne fallait pas prononcer le nom au sein de la famille et qui a défié le pouvoir des hommes.

© Christophe Raynaud de Lage

© Christophe Raynaud de Lage

Dans une mise en scène délicate et épurée de Laurent Natrella, Brigitte Guedj porte formidablement ce seul en scène. Elle est drôle, touchante, et passe avec aisance et une belle énergie d’un personnage à l’autre, du présent au passé, de la femme à l’enfant. La bande sonore (brouhahas d’avant-match, voix de petite fille…) et les jeux de lumière précis accompagnent les spectateurs dans ce voyage. Il est à noter l’utilisation intelligente et discrète de la magie nouvelle : une robe, une balle, évoluent seuls dans l’espace et s’intègrent parfaitement au spectacle.

« Handball » est une histoire d’exil et de retrouvailles au caractère universel. Jean-Christophe Dollé s’est inspiré de l’histoire personnelle et familiale de Brigitte Guedj pour écrire ce texte autour de la réconciliation. Il évoque les conflits entre les hommes et les femmes, entre les religions, et au sein de la famille.  Au milieu de ces conflits, l’espoir de retrouver une société réconciliée et aimante qui ne se déchire plus pour des questions de religion, de culture, d’identité ou de sexe. Une pièce qui donne envie de croire aux hasards merveilleux et aux lendemains de paix.

HANDBALL, LE HASARD MERVEILLEUX  de Jean-Christophe Dollé
Mise en scène Laurent Natrella
Avec Brigitte Guedj
Lumières Elisa Revol
Son Dominique Bataille
Du 7 au 30 juillet 2016 au Théâtre du Cabestan
11, rue Collège de la Croix – 84000 AVIGNON

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