Ce dimanche 2 avril se tiendra à L’International (11e) la première édition du Festival La Petite Boîte dédié à la jeune création. De 16h à 2h du matin, la toute jeune asso Les Ateliers Pandore proposera aux curieux une programmation aussi alléchante qu’éclectique sur le thème de la Révolte : 3 expos photo, 2 peintres, 1 illustrateur, 4 formes courtes théâtrales, 2 propositions dansées, 1 court-métrage, 1 lecture et 6 groupes ou musiciens assurant une soirée ambiancée à la parisienne.

La Jaseuse est allée à la rencontre des dix nanas à l’origine de cette initiative citoyenne sacrément ambitieuse. Elles ont entre 22 et 26 ans, se sont rencontrées à Paris 7 dans le même master de politiques culturelles et ont de l’énergie et de l’envie à revendre. Elles ont décidé de faire la sourde oreille aux voix qui chuchotent en continu que la culture se meurt et que leurs cinq années d’études ne mèneront nulle part. Elles y croient. Elles croient dans le talent des jeunes artistes qu’elles programment et elles croient en de nouvelles possibilités, de nouvelles curiosités, de nouveaux échanges. L’avenir leur appartient.

Nous avons rencontré Coraline, Marina et Lucile du pôle communication des Ateliers Pandore, en terrasse de café, pour en savoir un peu plus.

festival la petite boiteQuand et de quoi sont nés les Ateliers Pandore ?

Il y a un peu plus d’un an, fin janvier 2016, en Master 1. On devait monter un petit projet culturel par groupe et on a décidé de former un plus gros groupe et de s’attaquer à ce projet de festival. C’était lié à l’ambiance post attentats du 13 novembre, on avait envie de faire quelque chose de significatif. Plein de manifestations étaient annulées, remises en question, et nous on avait envie de prouver qu’on pouvait encore faire des choses. Et puis on entendait toujours le discours de « tu trouveras pas de boulot » et on avait envie de se battre, de créer quelque chose qui nous porte.

Et ce « quelque chose », c’est La Petite Boîte ?

On voulait favoriser la jeune création, mettre en lumière les projets de futurs pros, donner de la visibilité au futur paysage artistique français. On espère leur ouvrir des portes parce qu’on croit en eux. Avec ce festival, on veut créer un moment de partage pour dire des choses. Et depuis le début, on sait qu’on veut parler de révolte, c’est le thème le plus fort qui soit resté dans nos discussions. Ce thème résonne encore plus cette année, après les manifestations contre la Loi Travail, Nuit Debout, les prochaines élections…

Il n’y a que des filles dans l’asso. C’est un souhait ? Un message ?

Ce n’est absolument pas un choix ! Dans les études culturelles il y a énormément de filles. On était un groupe d’amies et il se trouve qu’on était que des filles mais il n’y a pas de démarche féministe dans la constitution de notre équipe, même si on retrouve bien sûr ce combat dans notre programmation.

festival la petite boiteSuite à l’appel à projets, vous avez reçu beaucoup de réponses ?

On a reçu 90 candidatures ! D’après les stats Facebook, notre annonce a été vue par 44 000 personnes et pourtant on a fait aucune pub ! Quelques projets venaient d’amis ou d’amis d’amis mais ça représente à peine 10% du total des candidatures reçues.

Comment avez-vous procédé à la sélection ?

On s’est réunies pendant deux jours. On a examiné chaque dossier, on a fait des tours de table. On s’est posé plusieurs questions : est-ce que c’est dans le thème ? est-ce que c’est adapté à nos contraintes techniques ? à la durée du festival ? On a eu des propositions géniales en cirque mais dans un bar-salle de concert comme L’International, c’était impossible à mettre en place techniquement. Et pour coller à la diversité artistique désirée, il a fallu faire un tri. La sélection a été très difficile.

Un accompagnement des artistes est prévu ?

Oui, c’est une envie qu’on a. Mais on ne sait pas encore comment on va s’y prendre. On est certaines de les re-programmer lors d’un prochain festival. L’idée c’est de faire de ce festival un tremplin régulier, programmer les artistes auxquels on a pas pu dire oui cette fois, programmer les prochaines créas des artistes présents lors de cette édition.

la petite boite se révolte

Vous avez lancé un crowdfunding. Quelles sont les conditions financières de l’événement ?

L’entrée sera gratuite, mais on va pouvoir assurer l’accueil des artistes et couvrir nos frais de communication. Le fait qu’on soit une jeune asso rend les partenaires frileux. La fac ne nous a pas accordé de subvention. Cette année, peu de projets ont été soutenus, il y a une vraie réduction du budget. Seuls des projets bien installés sont subventionnés. C’est assez paradoxal : le rôle de la fac est de nous lancer dans la vie pro et on a eu l’impression qu’ils ne croyaient tout simplement pas en nous.

Après cette première édition, on espère avoir plus de billes et pouvoir déposer des dossiers solides auprès des organismes financeurs. On a beaucoup appris cette année et on saura mieux faire la prochaine fois.

Et c’est tout ce qu’on leur souhaite ! Stay tuned…