Quelle réalité recouvre la gentillesse ? Pourquoi ce mot a t-il été galvaudé au point que l’on ne sache plus s’il est un compliment ou une insulte ? Partant d’une digression autour de « L’idiot » de Dostoïevski et « La conjuration des imbéciles » de Toole, la Compagnie DEMESTEN TITIP – anagramme des mots identité et temps – aborde cette notion en s’exonérant totalement de la volonté de nous aider à y voir plus clair.

Une mère et ses deux filles, un portier et un visiteur. Des personnages figés avant que tout n’éclate, que la parole ne se libère et que les consciences ne s’ouvrent. Ils sont gentils ou idiots, ou peut-être les deux. Ils sont en marge, décalés de ces quelques degrés qui suffisent à voir le monde différemment, lucides et prisonniers de leurs obsessions.

De courts instants d’infinie poésie émaillent cette pièce onirique et hallucinée qui reste malheureusement insaisissable. On regarde ces personnages se mettre –littéralement- à nu sans pouvoir les comprendre. Ils se fissurent sous nos yeux en même temps que le plafond se délite, c’est beau, bien fait, mais nous restons trop loin pour être véritablement touchés.

LA GENTILLESSE de la Cie Demesten Titip
Mise en scène Christelle Harbonn assistée de Philippe Araud
Avec Adrien Guiraud, Marianne Houspie, Solenne Keravis, Blandine Madec et Gilbert Traïna
Les 15 et 16 septembre 2017 au Théâtre Paris-Villette
211 avenue Jean Jaurès (19e), M° Porte de pantin
www.theatre-paris-villette.fr
www.demestentitip.com