Par amour pour Ramy, parti en Syrie faire le djihad, Jeanne, jeune fille de 17 ans issue d’une famille sans histoire, se drape et s’isole dans la religion en attendant le jour où elle pourra le rejoindre. Autour de cette histoire d’amour perdue d’avance, parents, enquêteurs et politiciens se débattent vainement face à un ennemi invisible.

C’est un projet ambitieux que s’est lancé Mickaël Délis : aborder le thème délicat et rebattu de l’embrigadement islamiste de jeunes Français. Il y a une volonté louable de s’interroger sur le terrorisme et sur ses origines possibles bâties sur la misère et le délaissement de nos banlieues. Tenter d’expliquer sans justifier ce qui conduit ces jeunes à se perdre dans un idéal de justice meurtrier, et démontrer l’inanité de notre réponse politique et pénale.

Mais de telles questions ne souffrent d’aucune inconséquence. Pourtant montée façon cinéma, il manque à cette proposition le rythme juste qui parviendrait à tendre l’intrigue. Les intermèdes musicaux, l’enchaînement des scènes et tout ce « bricolage » de mise en scène ne conviennent pas à un sujet si sensible. Si les acteurs font preuve d’une belle énergie, on peut regretter que le tout manque un peu de muscles et d’âme.

#JESUISLEPROCHAIN
Ecriture et mise en scène Mickaël Délis

Avec Elie Boissière, Nabil Cheik Ali, Mickaël Délis, Clara Huet, Léa Moszkowicz, Vladimir Perrin, Elise Roth Faugère, Anouck Siboni
Scénographie Vladimir Perrin
25 et 26 septembre 2017 au Théâtre Paris-Villette
211 avenue Jean Jaurès (19e), M° Porte de pantin
www.theatre-paris-villette.fr