Roméo et Juliette

Depuis le mois de mars 2013, on peut apercevoir sur le parvis de la Cité Internationale des Arts à Paris face à l’île Saint-Louis une mystérieuse construction toute faite de bois semblant venir tout droit du 17e siècle. Il s’agit de la Tour Vagabonde, magnifique théâtre portatif démontable de 13 mètres de haut par 20 de large, construit sur le modèle du Globe londonien, théâtre élisabéthain connu pour avoir accueilli les créations de Shakespeare. La Tour est née il y a plus de quinze ans de deux esprits ambitieux fribourgeois, Louis Yerly et Jean-Luc Giller. Ces derniers se sont battus pour faire vivre cette idée magnifique et leur bébé tourne depuis aujourd’hui sept ans à travers la Suisse, la France et toute l’Europe.

D.R.

L’arrivée devant ce théâtre atypique et unique en son genre est pleine de promesses, la poésie du lieu nous accueille et nous séduit. C’est toute excitée par cette magie ambiante que je monte les escaliers extérieurs pour m’installer au premier balcon, accompagnée par les craquements du bois. Paris se fait soudain lointaine. Les lumières s’éteignent, dans l’obscurité les comédiens prennent place sur scène. Le prologue nous est conté dans un faible éclairage, accompagné de chants sourds présageant la tragédie. Mais dès la première scène, la faiblesse des voix me surprend. Il nous faut tendre l’oreille pour saisir la traduction de Jean Sarment, mal articulée et projetée à toute vitesse. La suite ne fera que confirmer les premières impressions : absence de corps, costumes encombrants, maladresses à répétition (notamment une magnifique chute incontrôlée de Balthazar dans le public, emporté par son déséquilibre après une voltige inquiétante) et des amants de Vérone plus niais et pathétiques que jamais, affectionnant tout particulièrement les lamentations et autres supplications au sol. L’ensemble durant 3h50, je me suis autorisée un petit verre de vin blanc à l’entracte, à la lueur des lampions.

Je reste interloquée et même déçue par le manque de passion sincère de la majorité des comédiens au profit d’un jeu millimétré et maladroit digne d’une répétition générale. Rappelons tout de même qu’il s’agit des débuts de la compagnie et de la première exploitation de Roméo et Juliette. Baptiste Belleudy, metteur en scène, fondateur des Mille Chandelles et interprète de Roméo, a peut-être vu trop grand en voulant porter toutes ces responsabilités à la fois.

En conclusion, Je ne peux que saluer le travail des concepteurs de la Tour, également membres de la compagnie, quant au talent de cette dernière, l’avenir nous en dira plus.

ROMEO ET JULIETTE de William Shakespeare / Traduction de Jean Sarment
Mise en scène de Baptiste Belleudy
Avec Géraldine Azoulos (alt.), Baptiste Belleudy, Jonathan Bizet, Axel Blind, Gaspard Caens, Raphaëlle Cambray (alt.), Laurent Evuort, Sylvy Ferrus, Clémence Fougea, Thomas Gauthier (alt.), Jean-Luc Giller, Paul Gorostidi, Anne-Solenne Hatte, Robin Laporte, Bernard Métraux, Sylvain Mossot, Françoise Muxel, Stéphane Peyran, Dominic Rouvillé, Federico Santacroce, Jean-Laurent Silvi (alt.) et Louis Yerly
Du 28 avril au 14 juillet 2013 sur le Parvis de la Cité Internationale des Arts
18 quai de l’Hôtel de Ville (4e), M° Pont Marie
tourvagabonde.com
www.lesmillechandelles.com

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