Un rapport sur la banalité de l’amour

Un rapport sur la banalité de l’amour, du dramaturge argentin Mario Diament, publié en 2009, est joué pour la première fois en France au Théâtre de la Huchette dans une mise en scène de André Nerman. C’est l’histoire de l’amour irraisonnable qui lia durant plusieurs décennies les grands philosophes allemands Martin Heidegger et Hannah Arendt. Cette passion impossible est racontée au fil de cinq rencontres qui marquèrent leurs vies mais également et surtout, leurs écrits.

En 1924, dans l’Allemagne de l’entre deux guerres, Hannah Arendt suit les cours de philosophie du déjà très respecté Heidegger, elle a 18 ans et est juive, il a 37 ans, est marié, catholique et croit dans les promesses du national socialisme. Cependant l’attraction, autant intellectuelle que charnelle, est immédiate entre ces deux êtres et changera le cours de leurs vies. La promesse de cette pièce, jouée avec grand succès depuis plus de trois ans à Buenos Aires, est alléchante et pourtant… André Nerman fait le choix d’intégrer au texte, au début de chaque rencontre, un extrait vidéo montrant quatre universitaires discutant très peu naturellement et dans une mise en scène ridicule (décor rococo, fauteuils Louis XV) de cette peu banale histoire d’amour. L’entrée en matière est donc gâtée dès la première minute. Puis l’action démarre, Heidegger (André Nerman) est à son bureau de l’université de Marbourg, on frappe à la porte, la jeune et belle Hannah fait son apparition (Maïa Guéritte). Les premiers échanges sont polis et guindés, jusque là rien d’anormal.

Mais très vite le jeu externe et dépourvu d’émotion d’André Nerman parasite le texte. Le comédien et metteur en scène fait de Martin Heidegger un goujat égoïste et libidineux, un homme faible et pathétique dont on ne peut comprendre que Hannah Arendt tombe amoureuse. Maïa Guéritte sauve néanmoins parfois les meubles avec une vraie sincérité et un jeu investi qui contraste gravement avec le ridicule de Nerman et sa passion contrefaite illustrée à coup de longs baisers bouche fermée dignes des Feux de l’Amour. Les deux heures de spectacle semblent une éternité. Espérons voir bientôt la comédienne Maïa Guéritte dans un projet à la hauteur de son talent.

UN RAPPORT SUR LA BANALITE DE L’AMOUR de Mario Diament
Adaptation et mise en scène de André Nerman
Avec Maïa Guéritte et André Nerman
Du lundi au vendredi au Théâtre de la Huchette
23 rue de la Huchette (5e), M° Saint-Michel
www.theatre-huchette.com

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