Le Théâtre de Verre

Luis Pasina, artiste plasticien réfugié politique uruguayen, rassemble en mars 2003 un collectif d’artistes qui s’installe dans une ancienne miroiterie désaffectée du 12e arrondissement de Paris. L’association Co-Arter est créée pour soutenir leur projet. Le Théâtre de Verre est né. Comédiens, musiciens, peintres, photographes, sculpteurs se rencontrent et travaillent ensemble à proposer au public divers spectacles, expositions, concerts et repas associatifs. Selon les mots de Luis Pasina « Nous travaillons à l’art, et avec l’art nous travaillons à la culture, pour la renouveler, la démocratiser, l’élargir, la rendre plus participative ».

L’initiative est noble, le projet ambitieux et le public est aux rendez-vous. Mais les squats, bien que culturels, ne sont pas à l’époque au goût de la Mairie de Paris. En septembre 2004, le Théâtre de Verre se voit contraint de quitter l’impasse Barrier, au profit d’un projet de construction de logements. Mais la joyeuse équipe de l’association Co-Arter ne se démonte pas et s’installe deux semaines plus tard dans un ancien local abandonné d’une filiale de la SNCF, dans le 10e arrondissement. Comme l’explique le fondateur du Théâtre de Verre « les milliers de mètres carrés vides, ces multiples friches, qui ne cessent d’apparaître et disparaître au sein de nos villes, banlieues et campagnes, sont une grâce, un signe que nous offre la réalité ».

Mais une nouvelle fois, le collectif est menacé d’expulsion par la société gérant les biens immobiliers de la SNCF. Soutenue par la Mairie du 4e arrondissement, l’association peut poursuivre son activité jusqu’en 2006 et se voit relogée, par la ville cette fois, dans des locaux mitoyens. Le Théâtre de Verre s’agrandit, propose des espaces de création et devient incontournable dans le paysage associatif culturel parisien.

D.R.

Un nouveau déménagement est imposé aux artistes en 2009 et le Théâtre de Verre prend ses quartiers au 17 rue de la Chapelle, son adresse actuelle. Au fond d’une cour, à deux pas du métro Marx Dormoy, le TDV a ouvert ses portes dans un grand espace, soutenu par la mairie même si les négociations sont parfois difficiles. Il propose aujourd’hui une salle d’accueil équipée d’un bar et d’une petite cuisine, cinq salles de création et une grande salle de performance de 350m². L’endroit est magique, hors du temps et des bruits de la ville, des poules et des lapins y côtoient dans la cour des sculptures de miroirs et des tables de pic-nic. Il mérite qu’on en parle, il mérite de survivre encore longtemps, évitant les rouages barbares du système culturel actuel. En attendant sa prochaine expulsion.

www.theatredeverre.fr

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