Alice

La toute jeune compagnie La Huitième Case investit la scène du Théâtre 13 / Seine pour ces deux dernières soirées du Concours de jeunes metteurs en scènes avec Alice, création allumée de Anaïs Laforêt et Aïda Asgharzadeh.

Les deux jeunes femmes se sont attaquées à l’oeuvre désormais légendaire de Lewis Carroll que constituent Les Aventures d’Alice aux pays des merveilles et De l’autre côté du miroir. La métaphore des perturbations de l’adolescence est plus que jamais mise en exergue à travers les tribulations de la jeune fille dans un monde onirique et parfois inquiétant où les adultes sont tous atteint de folie et ne donnent vraiment pas envie de grandir. Une troupe de dix comédiens-chanteurs endosse les costumes exubérants d’une quarantaine de personnages à un rythme soutenu : Espadon pané, Chenille, Chapelier fou, Chat du Cheshire et autres reines vaniteuses défilent et se croisent, souvent inspirés par l’univers de la célèbre adaptation des studios Disney.

Les deux metteurs en scène on choisi de faire du voyage d’Alice une véritable comédie musicale colorée et populaire dont les nombreuses références séduisent le public. Chaque personnage a droit à sa chanson originale et les performances vocales sont audacieuses et menées avec entrain. La scénographie simple et ingénieuse, composée d’un rectangle blanc au sol et d’un grand miroir incliné en hauteur, permet des effets de perspective surprenants. La traduction et l’adaptation du texte de Carroll met l’accent sur la lubricité des personnages rencontrés par la jeune blondinette et l’humour fait mouche. Malheureusement cette recette s’essouffle peu à peu et perd en force. Les superbes costumes, atout plastique de la pièce, continuent d’éblouir mais semblent avoir pris trop d’importance au sein de la mise en scène. Les scènes se suivent et se ressemblent, sans réelle progression et lorsque les lumières s’éteignent, le public semble surpris et sur sa faim. On remarque également diverses maladresses de direction d’acteur qui provoquent parfois quelques longueurs, mais le talent et l’énergie des trois interprètes masculins captive et embarque le spectateur.

Une création fraîche et pleine d’idées donc, qui manque de maturité mais ne demande qu’à grandir, comme une certaine jeune fille blonde.

ALICE d’après l’oeuvre de Lewis Carroll
Mise en scène et adaptation Aïda Asgharzadeh et Anaïs Laforêt
Avec Aïda Asgharzadeh, Fanny Aubin, Benjamin Brenière, Arnaud Dupont, Camille Hugues, Anaïs Laforêt, Amélie Manet, Anna Mihalcea et Claire Nivard
Le 28 juin 2013 à 20h30
29 juin 2013 à 19h30
Théâtre 13 / Seine
30 rue du Chevaleret (13e), M° Bibliothèque F. Mitterand
www.theatre13.com

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