Sujet pour une petite nouvelle

La Compagnie BrutaFlor, portée par la metteur en scène franco-brésilienne Flavia Lorenzi, investit la scène du Théâtre de l’Opprimé pour la présentation de sa seconde création, « variation » sur La Mouette de Tchekhov.

La Mouette est la troisième pièce du grand dramaturge russe. Sa première représentation en 1896 fut un réel fiasco, public et critique, et ce n’est qu’en 1898, dans une mise en scène de Constantin Stanislavski que le texte de Tchekhov rencontra enfin le succès et propulsa son auteur dans la lumière. Depuis ce temps, La Mouette n’a cessé d’inspirer les metteurs en scène et comédiens du monde entier et l’on doit très certainement ce magnétisme à l’argument maître de ses lignes : l’artiste en mal de reconnaissance.

Flavia Lorenzi et sa talentueuse bande de comédiens se sont donc lancés dans un long processus de recherche, décortiquant le texte de Tchekhov pour en dépasser les limites, aller plus loin. L’amour, la perte de l’amour, la jeunesse, la perte de la jeunesse, l’espoir… La scène bouge dès notre arrivée, les comédiens sont là, ils nous regardent, déambulent. Ou peut-être s’agit-il déjà des personnages. Cette frontière entre la réalité et la fiction reste volontairement floue tout au long de la pièce. Les comédiens prennent en charge leurs personnages sous nos yeux et se laissent emporter par leurs passions, presque malgré eux, coulant dans la torpeur d’un été étouffant, au bord du lac. Et c’est surement là la plus belle réussite du travail de la Compagnie BrutaFlor.

La fraîcheur de la compagnie, déjà remarquée dans Fleur d’Obsession, est toujours là, dans une direction d’acteur à la fois folle et précise, dans un décor bordélique et champêtre où tout se transforme, où tout bouge, où les Beatles et la musique électro cotoient les verres de vodka et les discours intellectuels pédants. L’on pourrait toutefois reprocher à cette création sa tendance à verser dans une parole bavarde et un corps quotidien. L’autopsie universitaire de l’oeuvre de Tchekhov transpire à travers des personnages torturés et une constante volonté de démontrer l’importance de l’art dans nos vies. Mais il s’agit bien là d’un « processus de recherche », la chaîne de fabrication est là, devant nous, et quand on y réfléchit, qu’importe le produit lisse et fini.

SUJET POUR UNE PETITE NOUVELLE d’après La Mouette d’Anton Tchekhov
Adaptation et traduction Cie BrutaFlor
Mise en scène Flavia Lorenzi assistée de Fanny Mougel et Carlos Manuel Fino
Avec Alexander Cole, Alexandre Meunier, Delphine Ory, Jérôme Aubert, Julien Saada, Maïe Degove et Marion Franqui
Scénographie et costumes Cie BrutaFlor
Lumière Arthur Braesch
Bande Sonore Flavia Lorenzi
Production Cie BrutaFlor
Du 23 avril au 4 mai 2014 au Théâtre de l’Opprimé
78 rue de Charolais (12e), M° Montgallet
www.theatredelopprime.com

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