Maligne

Noémie a 27 ans quand, lors d’une consultation de routine, on lui détecte une boule dans le sein gauche. Son monde vacille mais elle tient bon. Elle le peut, elle le veut, elle le doit.  Avec humour et poésie, Noémie nous raconte son combat contre la maladie. Et pas de doute, la plus maligne c’est elle.

Personne n’aime parler de la maladie. C’est toujours triste et injuste. Et puis ça fait peur. Impossible de ne pas penser à notre propre mort quand la vie de l’autre est en jeu. Alors souvent, on préfère détourner les yeux pour que cela ne nous touche pas, ne nous contamine pas.Là, nous n’avons pas le choix. Pendant plus d’une heure, Noémie nous dévoile par le menu toutes les étapes qu’elle a traversées. Depuis ce jour un où sa gynécologue, gênée, lui annonce la présence de cette petite boule, juste là, dans son sein gauche. Elle nous confie toutes les colères, les doutes, les larmes, mais aussi les moments embarrassants, les rires et toutes ces petites choses qui rappellent quand même que la vie est là, puissante et obstinée.

Et cette histoire, c’est la véritable histoire de la comédienne Noémie Caillault. Elle travaillait dans une banque à Tours quand elle a décidé de tout quitter pour vivre sa passion du théâtre à Paris. En attendant de voir son nom en haut de l’affiche, elle servait des verres dans un bar, juste à côté du Théâtre de la Pépinière où elle triomphe aujourd’hui. Avec sa gouaille et sa joie de vivre, il ne faudra pas longtemps pour que l’équipe du lieu lui propose de tenir la caisse. Jusqu’à ce foutu jour un.

Avec malice et maîtrise, elle rythme son récit dans le temps et dans l’espace. De sa mère, qui voit à travers la maladie de sa fille sa propre finitude, jusqu’à ceux qu’elle croise, blessants dans leur maladresse, Noémie fait vivre les personnages qui l’ont suivie tout au long de son parcours avec une précision remarquable. Refusant d’inspirer la pitié, elle tente de nous faire comprendre qu’à ce moment de sa vie, elle a été malade certes, mais que c’était la vie qui l’intéressait. Et que c’était comme cela qu’elle voulait que les gens la voient : vivante !

C’est un témoignage d’une douceur grave et joyeuse que nous délivre Noémie Caillault. Certainement salvateur pour elle, il est pour nous, nécessaire.

MALIGNE de Noémie Caillault, Morgan Perez, Gabor Rassov, Caroline Verdu
Mise en scène Morgan Perez
Avec la complicité de Jeanne Arènes
Avec les voix de Jeanne Arène, Romane Bohringer, François Morel, Olivier Saladin et Dominique Valadié
Lumières Emmanuel Jurquet
Son Camille Urvo
À partir du 29 janvier 2016 au Théâtre de la Pépinière
7 rue Louis le Grand, M° Opéra (2e)
www.theatrelapepiniere.com