Herculine Barbin

L’histoire d’Herculine Barbin, hermaphrodite née femme en 1838 et mort homme à l’âge de 30 ans, est celle d’une vie manquée. Ses mémoires nous content ses souffrances et la terrible conscience de la différence qui est la sienne. Dans sa recherche frénétique d’identité, elle n’est ni homme, ni femme, mi-homme, mi-femme. Sous nos yeux, la fragile Herculine enfant devient une amoureuse torturée et se mue en un homme amer en proie à des démons qui le conduiront à sa perte.

Si, près de deux siècles plus tard, le propos reste résolument actuel et poignant, on regrette une narration qui ne permet pas d’entrevoir la profondeur de l’angoisse liée à l’errance entre les assignations de sexe. La confusion des genres aurait mérité plus de rigueur pour que soit vraiment intéressante l’énigme qui noue sur scène. La proposition, trop esthétique, peine à rendre compte de la gravité de ce témoignage rare d’une personne en quête de liberté qui tente justement de s’affranchir des apparences.

HERCULINE BARBIN d’après Mes souvenirs d’Adélaide Herculine Barbin
Mise en scène et adaptation Anne-Sophie Juvénal
Avec Anthony Roullier
Les 10 et 11 mai 2016 au Théâtre Paris-Villette
211 avenue Jean Jaurès (19e), M° Porte de pantin
www.theatre-paris-villette.fr

Suite du Festival Spot : MONSTRES D’AMOUR…