Monstres d’amour

Monstres d’amour (je vais te donner une bonne raison de crier) nous raconte ceux qui aiment à la vie, à la mort, ceux qui dévorent l’autre, ces amours qui éviscèrent et arrachent le cœur. Rebecca Chaillon, auteure et metteur en scène, explore les affres de la pulsion d’amour, la violence du sentiment amoureux dans ses manques et ses excès. Avec Elisa Monteil, elles se mettent littéralement à nu et se dévorent dans une ronde macabre.

Nous assistons une performance brute, crue mais malheureusement inaccessible. Dans une accumulation de vidéos, de textes et de saynètes, le propos se fait erratique là où il aurait dû être puissant pour contrebalancer la force de la proposition visuelle.

Il y a pourtant de bonnes idées et notamment cette scène où les deux actrices, avec une sincérité touchante, confrontent leurs visions de l’amour, leurs attentes, leurs désillusions, à cœur ouvert. C’est ici que l’impudeur est finalement la plus intéressante, reléguant tout le reste au niveau d’une représentation qui se veut inutilement spectaculaire et choquante. L’obsession de Rebecca Chaillon pour la nourriture et le gore vire à l’introspection inconvenante et laisse le spectateur indifférent et même pire, gêné.
Finalement, elle ne nous a pas menti. Rebecca Chaillon nous donne une bonne raison de crier.

MONSTRES D’AMOUR par la Compagnie Dans Le Ventre
Textes et mise en scène Rébecca Chaillon

performance Elisa Monteil et Rébecca Chaillon
Les 12 et 13 mai 2016 au Théâtre Paris-Villette
211 avenue Jean Jaurès (19e), M° Porte de pantin
www.theatre-paris-villette.fr

Suite du Festival Spot : ROSIE BAZAR…